Les maladies cardiovasculaires

10 juillet 2014

dr-allardCoup de semonce le plus souvent bruyant, brutal et angoissant, la survenue d’une angine de poitrine, d’un infarctus ou d’un accident vasculaire cérébral impose une remise en question profonde et radicale des différentes habitudes de vie. Il s’agit alors d’acquérir un nouvel ART DE VIVRE.

A un degré moindre, dans l’esprit de bon nombre de nos concitoyens, l’hypertension artérielle – qui en fait pourtant souvent le lit –, du fait de son apparente innocuité et de son évolution dite « à bas bruit », est souvent diagnostiquée avec retard. Quand elle l’est, elle est souvent traitée avec une certaine désinvolture : les médicaments allopathiques sont là pour cela et doivent certainement suffire !

Ne confondons pas symptôme et maladie : l’hypertension artérielle (HTA) n’est que la manifestation d’une pathologie cardiovasculaire sous-jacente et impose donc des « virages » parfois à 180° dans la manière de vivre de ceux qui en sont atteints. Les informations qui circulent abondamment sur l’artériosclérose la rendent fort heureusement plus proche de nous sans pour cela y trouver une unité de pensée permettant d’aborder cet état de façon intellectuellement satisfaisante.

Précisons d’emblée que la MTC est surtout très performante dans la prévention des maladies cardiovasculaires et en période de convalescence. La médecine moderne l’est plus dans le traitement de l’urgence.

Beaucoup de travaux, d’expériences sont lancés, de statistiques analysées et certains repères solides ont déjà été posés. Cependant malgré la formidable puissance technologique des moyens scientifiques mis en œuvre, plusieurs décennies, voire plus, seront nécessaires avant de fonder une véritable culture.

Culture, cela implique entre autres, - de rechercher et préciser les repères fondamentaux qui sont à la base de tout fonctionnement dans l’Univers, - d’établir leurs interrelations, de les hiérarchiser pour s’y adapter le plus étroitement possible - et de les fondre dans un tout cohérent et juste : cela représente le  « noyau dur » immuable sur lequel une civilisation peut s’appuyer en toutes circonstances.

En ce qui concerne la MTC, les recherches ultérieures ne peuvent que l’enrichir, l’étoffer et élargir son champ thérapeutique, tant au niveau préventif que curatif, en aucun cas la remettre en question : c’est en cela qu’elle est devenue culture à partir de sa Tradition.

La pensée scientifique moderne, elle, en est encore au stade analytique : elle éclaire certaines zones d’ombre qu’elle essaye d’assembler dans des cadres qu’elle doit sans cesse ajuster au fur et à mesure des différentes découvertes. Elle tâtonne, énonce des théories, les dénonce souvent et désoriente de ce fait bon nombre de patients. Cependant se dessine petit à petit un schéma, une trame qui la rend efficace dans de nombreux domaines, au prix souvent d’effets secondaires parfois fort invalidants.

Pourquoi, dès lors, ne pas s’appuyer sur une tradition de plusieurs millénaires pour y trouver deux notions fondamentales qui sont d’abord celle de l’ENERGIE ? Ce concept est le fil conducteur et permet de comprendre, de relier, d’éclairer un nombre certain de zones d’ombre en apportant des solutions élégantes autant qu’efficaces.

En deuxième lieu, intégrer toutes les composantes de l’Univers et s’y inscrire suffit pour en faire une entité « mature ».

Pour obtenir des résultats performants en la matière, il nous faut prendre en compte le fait que notre culture étant différente de celle des Chinois, tout doit être mis en œuvre pour concilier la sagesse de leur tradition avec la richesse analytique de notre médecine moderne et en tirer ainsi des enseignements stables puisque adossés à plusieurs millénaires. Cela permet - d’établir des règles de vie constantes donc efficaces et sécurisantes, - et de définir « l’art de vivre » cité plus haut.

Prévenir et traiter les conséquences de ces différentes maladies nécessite une action pluridisciplinaire : si la pharmacopée et la diététique chinoises occupent une place prépondérante, le comportement au quotidien joue un rôle capital. Ce dernier point ne sera qu’évoqué et pourrait être véritablement traité dans un autre article.

Mécanisme d’apparition de ces maladies.

Si la conception chinoise et la nôtre sont assez proches quant aux causes immédiates, il n’en est pas de même en ce qui concerne leur étiopathogénie. La médecine moderne considère que toute artériopathie est due à une obstruction mécanique, par spasme et/ou le plus souvent par un encrassement et un durcissement des parois artérielles, occasionnés par des dépôts lipidiques et des calcifications : c’est l’artériosclérose qui provoque de l’artérite. Cette formation progressive des plaques d’athérome diminue le diamètre interne de l’artère, entraîne un spasme réactionnel et une hypovascularisation des organes concernés. Pour amener suffisamment d’oxygène aux différents tissus, la réponse de l’organisme sera d’augmenter la pression du sang à l’intérieur des vaisseaux, c’est l’hypertension artérielle (HTA).

Quand ce déficit d’apport atteint les artères nourricières du cœur, les coronaires, il s’ensuit de l’essoufflement à l’effort, des palpitations, des sueurs froides, des douleurs …c’est l’angine de poitrine. Qu’une ou plusieurs des artères soient complètement bouchées, c’est l’infarctus entraînant la nécrose des tissus myocardiques correspondants. Ces infarctus peuvent intéresser d’autres artères telles que les mésentériques qui irriguent les intestins : il s’agit alors d’un infarctus mésentérique…

Que celles du cerveau viennent à s’obstruer, c’est l’accident vasculaire cérébral (AVC) par thrombose avec son cortège de déficits moteur, sensitif, sensoriel … dont l’importance est fonction de l’étendue des territoires touchés. L’AVC peut être aussi consécutif à un véritable éclatement d’un tronc artériel sur une paroi durcie donc fragilisée et sous l’action d’une HTA même localisée au seul domaine cérébral : c’est l’hémorragie cérébrale dont les manifestations cliniques sont sensiblement identiques au précédent.

La médecine moderne a bien identifié certains facteurs favorisants, l’obésité, les excès alimentaires, la sédentarité … et les explicite avec force détails techniques, formules chimiques, statistiques donc analytique. L’explication plus synthétique de la MTC permet de l’enrichir en en rendant l’action préventive plus efficace.

La vision chinoise met en évidence les raisons profondes de ces manifestations. En premier lieu, une mauvaise alimentation ainsi que les stress et autres excès émotionnels font que le Foie devient hyperactif et domine trop fortement le système Rate-Pancréaz qui alors s’affaiblit. Cela entraîne un vide de Rate. Qui dit vide de Rate, dit mauvaise digestion donc accumulation d’humidité dont la condensation provoque des mucosités. A la longue, ces glaires vont  obstruer les méridiens : c’est l’hypercholestérolémie. Toutes les parties du corps peuvent être atteintes. Un vide de Rate à la longue favorise un vide de Yang des Reins qui augmente l’accumulation de mucosités et aggrave donc le tableau ; cela se voit en général à partir de la cinquantaine où la prise de poids signifie amoncellement de mucosités.

L’humidité peut être première par rapport à la chaleur ou réciproquement, les signes cliniques en seront sensiblement modifiés. Si la chaleur domine, par essence, elle va monter vers le haut du corps : céphalée, acouphènes, vertige, insomnie, cauchemars, teint et yeux rouges, irritabilité, susceptibilité, jalousie, agitation, gorge et bouche sèches, constipation, urines foncées, enduit jaune de la langue …etc.

L’HTA en est souvent la traduction.

En perdurant, ce tableau peut s’aggraver et devenir le syndrome « Feu du Foie » où les colères peuvent devenir « noires » voire meurtrières, un goût amer envahir la bouche …

Parfois, c’est directement un vide Yin du Foie et des Reins, surtout à partir de la cinquantaine (mais certains sont constitutionnels, héréditaires…), qui provoque l’hypercholestérolémie. . Cependant, puisque le Yin peut être en partie reconstitué par l’alimentation, les mêmes règles diététiques s’appliquent dans ce cas, même si cette pathologie n’est pas induite par une accumulation de mucosités.

Qu’en est-il de l’AVC ?

Le Feu du Foie agite le vent interne ; l’énergie de ce vent associée à celle du Feu et à celle des mucosités envahissent la tête et obstruent les 7 orifices supérieurs que sont les fentes palpébrales, les orifices du nez et des conduits auditifs externes et la bouche ; ces orifices sont humidifiés par la partie claire de l’essence alimentaire (le Jin du Jin Ye).

En cas d’atteinte des organes internes, s’ensuivent troubles de la conscience, coma, chute brutale, trismus …

Si le réseau des méridiens est envahi par ces énergies pathogènes, la circulation de l’énergie et du sang est seulement entravée ; la situation est moins grave, elle entraîne hémiplégie et déviation de la bouche, etc.

Nous verrons les règles diététiques chinoises dans un 2ème article.