Les règles diététiques dans les maladies cardiovasculaires en MTC (2ème partie)

17 novembre 2014 Règles diététiques générales. Elles découlent de la physiopathologie et visent essentiellement
  • à améliorer le fonctionnement du système digestif,
  • à calmer la surpression au niveau du Foie.
 1) Privilégiez les aliments riches en Jing Qi. . Portez la plus grande attention à la qualité de l’aliment, à son Jing Qi qui est la vitalité intrinsèque du végétal ou de l’animal. Plus il aura été cultivé et élevé dans des conditions naturelles, dans sa saison, consommé frais, plus il en sera porteur. N’oublions pas que si la matière d’un aliment « nourrit » la nôtre, sa vitalité en fait tout autant ; or, dans ces pathologies, le patient a plus besoin de vitalité que de matière ! . La coupe des aliments est une autre cause de déperdition du Jing Qi, surtout si elle est fine : elle doit se faire juste avant la consommation. . Choisissez des aliments sains, sans taches ni moisissures : « ce qui est fort ne se fait pas attaquer ». . Évitez de broyer, de moudre trop finement : une céréale peut garder son Jing plusieurs mois, écrasé, quelques semaines, en farine, quelques jours seulement. . Consommez essentiellement et seulement tièdes et bien cuits des céréales comme le riz, le maïs (polenta), le millet, orge, …des légumes cuits et variés, des légumineuses : lentilles, haricots, pois …des pommes de terre non frites, etc. qui tous favorisent le fonctionnement digestif. . Consommez peu de viandes, poissons et œufs qui produisent de l’humidité et de la chaleur dont vous avez vu le côté délétère ; supprimez carrément la charcuterie qui est pire ! . Évitez de consommer l’avoine, le blé, l’épeautre, le seigle car ils sont trop humidifiants. Il en de même des aliments piquants et épicés.  Evitez les sucres rapides, les boissons sucrées, les jus de fruits naturels ou reconstitués qui ont pour caractéristiques principales d’être trop sucrées et trop acides donc de générer beaucoup d’humidité et de faire grossir ; « l’abus d’acide fait déborder le Foie et tarit la Rate » ; « l’acide blesse les muscles » . Evitez les fruits et légumes crus, trop difficiles à digérer ; les graisses animales et les produits laitiers sont tout aussi néfastes. . Refusez les produits congelés et ceux passés aux micro-ondes : ils ont perdu la quasi-totalité de leur Jing. . Buvez tiède et surtout à la fin du repas : le suc gastrique, comme l’a montré la médecine moderne possède un pH de 2 : s’il est aussi corrosif, n’est-ce pas pour mieux dissoudre les aliments ? Si vous buvez avant les repas, vous le diluez et digèrerez moins bien. Tiède, car la température interne est environ de 37°. Amener de la boisson à cette température économise le travail du système digestif – les habitants des pays chauds, du moins ceux où la notion de culture est restée forte, ne boivent-ils pas du thé, du café chauds ? Le thé dans ce genre de pathologie est la boisson reine puisqu’il élimine la chaleur de la tête et des yeux, calme l’agitation, dissipe la stagnation d’aliments et dissout les mucosités. De plus, il stimule légèrement le cœur et assouplit les parois des artères et des veines. Les personnes frileuses devront veiller à consommer des aliments de nature tiède en hiver pour compenser sa nature fraîche. Préférez les thés à feuilles entières, fermentées ou non en fonction des saisons. Les patients au sommeil léger limiteront son effet excitant en jetant la première eau d’infusion après trois minutes, puis en infusant avec une nouvelle eau frémissante. . Un verre de vin rouge à la fin d’un repas est intéressant dans la mesure où il « ouvre » les vaisseaux. L’alcool fort est à bannir puisqu’il est un des principaux responsables des dérèglements du Foie dans nos civilisations. 2) Quelle préparation et quelle cuisson ?  
  • Coupez l’aliment le plus tardivement possible, pour économiser son Jing ; coupez-le suffisamment fin, de façon régulière (la cuisson en sera d’autant plus homogène) et utilisez des ustensiles affûtés pour ne pas le « blesser ». Cette façon de procéder facilite le travail d’assimilation, surtout si vous ne mastiquez pas assez, permet une cuisson plus rapide et économise ainsi d’autant son Jing, autorise une imprégnation plus facile des jus de cuisson et des assaisonnements ; il en devient plus savoureux.
 
  • Les modes de cuisson les plus intéressants sont la vapeur (qui développe les arômes, libère des saveurs subtiles et dégraisse de manière conséquente) et le sauté dans une poêle chauffée à vide, à feu vif. Dès qu’elle fume légèrement, versez un fond d’huile dans laquelle une fois bien chaude, vous plongerez les aliments quelques 2 ou 3 minutes : cette façon de procéder saisit l’aliment, l’enrobe d’une fine pellicule et préserve ainsi une bonne partie de son Jing ;
 
  • Les céréales, comme le riz, doivent être consommées bien cuites et ne doivent être ni « complètes », ni "semi-complètes"
  3) Dans quelles conditions ?  
  • Mangez modérément : distinguez faim et envie de manger ; un estomac trop plein fatigue le système digestif.
 
  • Il est primordial de mastiquer lentement et longtemps chaque bouchée : cela s’apprend. Pensez à ce que vous mangez. Se nourrir reste un plaisir : soyez attentif à la beauté, aux odeurs et aux saveurs des plats. L’ambiance du repas doit être calme et détendue sans télévision : pourquoi ne pas « sacraliser » ce moment ?
 
  • Attendez d’avoir véritablement faim, l’estomac est alors prêt à recevoir de nouveaux aliments.
 
  • Bannissez tout grignotage : certains organes comme le cœur, les poumons « travaillent » 24 heures sur 24, d’autres non et c’est le cas de l’estomac.
 
  • Veillez à la régularité des repas pour respecter vos rythmes profonds : « tout est rythme »
 
  • Massez votre région abdominale à la fin du repas : Réchauffez d’abord vosmains en les frottant vigoureusement l’une contre l’autre puis faites un massage doux et circulaire de l’estomac une vingtaine de fois dans le sens des aiguilles d’une montre, puis autant dans le sens inverse.
 
  • Une marche après le repas du midi est indispensable comme l’affirme un proverbe chinois, « celui qui marche 100 pas après le repas vivra jusqu’à 99 ans ».
  4) Cas particuliers.  
  1. Nous avons vu que le mécanisme de l’HTA (ainsi que celui de l’AVC) correspondaient le plus souvent à un syndrome de chaleur. Prenant en compte le fait que la montée du Yang résulte de l’insuffisance de Yin, il faut donc choisir des aliments
  • qui hydratent le Yin permettant à ce dernier de reprendre le contrôle du Yang
  • et ceux de nature fraîche.
  Rejoignant en cela la médecine moderne qui prescrit un régime strictement sans sel dans les cas d'insuffisance cardiaque ou rénal, le sel est à proscrire puisqu’il blesse le sang, assèche les liquides organiques et aggrave ainsi la montée du Yang.   Un grand nombre de légumes et quelques fruits sont rafraîchissants, régénèrent les liquides organiques et limitent les mucosités. Le céleri en branche, la feuille de moutarde, les épinards, les tétragones, les nèfles et les pétales de fleurs d’hémérocalle – chez les fournisseurs de plantes chinoises – ont de plus la propriété de calmer le Foie.   Le fruit du mûrier blanc nourrit le Yin.   Les huîtres, les produits de la mer et d’eau douce dont le poisson en petite quantité sont recommandés.   D’autres aliments non seulement hydratent le Yin, mais en plus nourrissent les Reins : ce sont en particulier les ormeaux (haliotides), les mactres, les moules, les mulettes (moules d’eau douce), les mollusques à coquille bivalves, les seiches, les solens (couteaux).   Le vinaigre de riz, mélangé à du sucre pour assaisonner les plats afin de remplacer le sel, peut être consommé en petites quantités puisqu’il nourrit le Yin du Foie. 2 . Nous avons vu que l’AVC avait pour causes essentielles la montée du Yang du Foie avec agitation du vent interne associées à des mucosités. Leur prévention passera donc par la réduction de la tension artérielle en utilisant les aliments du paragraphe précédent.   Cependant, s’il s’agit d’un syndrome Zhong Zang Fu - dans le coma - , le malade ne peut s’alimenter normalement ; il le sera par voie nasale avec du lait de soja, des jus de légumes, un peu de jus de fruits, de la soupe de riz et de l’eau sucrée ou de l’eau additionnée de miel. Ici, malgré le pouvoir humidifiant du sucre, du miel et des fruits, le but recherché est de nourrir le Yin. Si le patient est dans une phase vraiment critique, l’alimentation pourra être suspendue momentanément. Lorsqu’il reprend conscience, il peut s’alimenter avec des soupes ou de la bouillie de riz et devra manger lentement pour éviter les « fausses routes ». 3. L’artériosclérose, l’angine de poitrine ou l’infarctus du myocarde ont pour cause l’obstruction des vaisseaux et un ralentissement de la circulation de l’Energie et du Sang. Il faudra donc - éviter les aliments gras, ceux qui sont de consistance visqueuse, ou qui favorisent les flatulences comme les légumineuses, les pommes de terre ; cependant le fait d’adjoindre une pointe de couteau de bicarbonate de soude dans l’eau de cuisson suffit parfois à éviter les météorismes. - maintenir un transit intestinal normal.   Pour cela, le patient consommera essentiellement des fruits, des légumes, des céréales bien cuits, quelques fruits secs, un peu de poisson ; malgré leur nature un peu froide, le soja germé ébouillanté, le lait et le fromage de soja sont recommandés.   Le thé léger, les graisses végétales telles que l’huile de maïs, d’olive, de pépin de raisin sont intéressants.   Un peu d’alcool léger peut être autorisé dans la mesure où il désobstrue les méridiens et les vaisseaux.   Le fruit de l’aubépine (cenelle) est un véritable médicament dans la mesure où il fait baisser la tension artérielle, active et limite les stagnations de Sang et d’Energie. Il doit donc être consommé très souvent sous forme de soupe.   En cas d’infarctus, le malade reste alité, doit manger lentement des aliments liquides ou semi-liquides. Dans ce dernier cas, les aliments seront de texture fine et de consistance tendre pour compenser le mauvais fonctionnement de la Rate, dysfonctionnement dû à son inactivité.   La survenue de tels événements oblige à reconsidérer notre rapport à la nourriture. Un des grands mérites de la MTC est de savoir, de façon certaine et immuable,
  • identifier les erreurs alimentaires dont tout un chacun est coutumier,
  • et les hiérarchiser, ce qui permet de s’attaquer en premier à celles qui sont le plus préjudiciables.
  Partant du principe qu’une habitude est facile à prendre, qu’elle soit bonne ou mauvaise, autant s’attacher à acquérir les bonnes.   Par ailleurs, la prévention étant la meilleure des médecines, pourquoi ne pas appliquer ces préceptes le plus tôt possible pour éviter des symptômes aussi invalidants.